Pour voir ce que ça fait
par Sunshine, 22 réactions
a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y & z.
OK, je n'ai pas perdu la main, je sais toujours tapoter sur mon clavier.
Merde, beaucoup de choses se passent et il y a encore quelques semaines, je les aurais écrites par ici, comme j'ai écris l'alphabet. Ou presque. Les petites lettres que je viens de taper, c'était fastoche, ça ne demandait aucune concentration, les doigts posés sur le clavier, les yeux rivés sur l'écran, sur le | clignotant, l'air de dire "va y, tape, de toute façon tu ne peux pas m'attraper, connard". Et le voilà qu'il filait un peu plus loin, au rythme des lettres qui apparaissaient. Il avait raison : même sans réfléchir, en tapant automatiquement, musculairement, je ne pouvais pas l'attraper. Mais je pouvais saisir bien d'autres choses. Par cette spontanéité, je pouvais m'emparer de mes pensées les plus profondes. Pas des pensées créées pour l'occasion, non, les phrases qui se suivent dans ma tête, en silence, lorsqu'une chose se passe devant moi. Et là, plus ce curseur véloce avance, plus des lignes apparaissent, et moins de sens et de structure sont palpables.
C'est peut-être parce que ma pensée est parfois ainsi, insensée, déstructurée. C'est parce qu'elle est ainsi que je ne dis pas assez ce que je pense vraiment. Et cela m'ennuie. Parce que je ne trouve pas les mots pour dire ce que je voudrais dire, je ne les dis pas. Je pourrais chercher ces mots, pour verbaliser enfin ce qui se passe vraiment entre mes neurones, mais j'ai trop tendance à ne pas explorer les possibilités pour dire. S'agit-il de manque de courage ? D'un manque grossier d'affirmation ? Je sais que je me suis radicalisé dans ma pensée, sur certains points. Mais maintenant, j'ai l'impression de ne pas assumer ce que je pense, et donc me tais. Du coup, les quelques fois où je prends le clavier à parti, c'est pour ajouter des futilités à la toile, dans une blog joli mais qui sonne creux.
Mais rien n'est perdu. Il suffit de trouver goût à dire ce que l'on pense, et ces choses sortiront. Je pense qu'avec les mois qui défilent, j'ai plus tendance à me badiner des choses qui m'entourent qu'à y porter une réelle attention. Je me suis focalisé sur un point qui sont mes études, et le reste n'a que peu d'importance finalement.
Double-mais, j'ai bien envie d'écrire ce que je pense, pour brocarder, un peu.



