En période de révisions, de travail, de lecture, d'entrainement, d'apprentissage et tous les mots du champ lexical de l'emmerdement, il arrive que l'œil dévie et sort un peu prendre l'air, hors de ses œillères.

Je recommence. Cette phrase est trop longue et pédante. Faut alléger le style, d'abord pour être plus rapidement compris mais surtout pour ne pas fatiguer l'œil qui lit. Quel con, mais oui ! L'œil se fatigue s'il doit lire des phrases trop longues et dont il veut voir la fin si tant est qu'une fin ait été écrite par l'auteur quelques mots plus loin, plus loin, trop loin, point — ouf —.

Tout ce charabia insensé pour dire quoi ? Ah oui, je parlais de l'œil. Pour ma part, mon truc, c'est pas la fatigue de l'œil. Non, c'est plus une sensation de légèreté mentale qu'il crée. Comme un flottement.

Cet errement intellectuel, je le dois à la beauté. Cette beauté que l'on retrouve dans tout et rien. Celle qui se voit. Cette chose qui attrape l'œil sans le toucher et qui emmène aussi loin que l'esprit veut bien se laisser porter. On peut la voir dans un paysage, où l'horizon bien que très largement étendu arrive à saisir le regard, se flattant d'avoir devant lui des yeux ébahis (trop long). Pour ma part, je ne regarde pas, je contemple. Et je la contemple surtout lorsqu'elle est incarnée. Quand elle a des yeux, un nez, une bouche. Quand ces-derniers trouvent leur place plus harmonieusement encore que le cerveau peut concevoir. Lorsqu'elle s'abandonne à quelqu'un, se donnant une apparence charnelle sans limite mais dont les traits sont des plus parfaits.

J'aime la beauté. Et j'aime la regarder. Et elle fait lover mon esprit.