La veille, de fausses prémices
Je laissais entendre, dans une réaction postée hier, que le trajet fut rude. Sachez que c'est peu de le dire !
Avec le fait que je me sois couché à trois heures la veille pour me lever à six heures, le parcours fut bien physique ! Imaginez, 750km en BMW X5, en pas moins de douze heures. Comment se fait-ce ? En fait, tout se résume en une chose : la durite. Ah la durite, putain cette durite.
Entre le radiateur et le moteur il y a tout un système de conduits liquidiens dont j'ignore tout, se trouve ce qu'on appelle une durite. C'est un petit bout de tuyaux qui n'a l'air de rien a priori. A priori. Parce qu'après l'avoir usé, que du liquide de refroidissement de plus ou moins bonne qualité a fait sa vie dans son sein, il n'en est rien ! Ce petit bout de tuyau devient cauchemar éveillé. Christophe conduisant, aperçoit de la fumée à l'arrière de la voiture. Merde. Il constate qu'en fait ça vient du capot avant. Oh, merde. On s'arrête prestement et après appréciation de couillon de la mécanique que nous sommes, nous voyons que le radiateur est vide de son liquide. C'po rav, onaka l'remplir ! Ouais.
Bah non. Un tuyau, que dis-je, madame la durite avait explosé. Un trou de cinq centimètres faisait le fier, là, immobile devant nous.
Il n'était alors pas encore midi, de quoi être remorqué vers le garage renault de Crêche-sur-Saone (faute de mieux, l'assurance ne prenant pas en charge d'autre remorquage à partir de notre situation géographique). Arrivé là, pas de durite de rechange, BMW saura quoi faire ! Mais là, il était midi passé de quelques poignées de minutes… De quoi ne pas être pris en charge pas BMW. Messieurs déjeunent. Alors on attend.
On attend.
Vers quatorze heures trente, on se réveille et un mécanicien, serré dans son t-shirt laissant voir ses biceps et pectoraux surdimensionnés à toutes vous faire rougir, nous remorque vers le garage BMW de Mâcon, à dix kilomètres de là. Arrivé chez béaim, après attente — au moins une bonne demi-heure — et analyse de la voiture — au moins une bonne demi-minute — la voiture sera prête d'ici quelques jours, on vous appelle.
Après tout, c'est pas plus mal, on aura fait les trois cents derniers kilomètres en taxi. Une Citroën C5 avec : système de guidage par satellite ultra-moderne, système anti-radar, oreillette bluetooth dernière génération et… Et 138 chevaux sous le capot ! Par rapport au moteur essence de sa femme, c'est différent, il a une meilleure reprise. Eh ouais mec. Bref, il avait de l'allure le taximan. D'ailleurs dans les virages de montagne, il était plutôt rallyman. Mais j'ai pu faire un petit somme vraiment réparateur.
En arrivant, j'étais heureux de rejoindre mon futur vrai second chez moi, encore en chantier n'attendant que d'être pouponné.
Ce matin, le commencent
Levé à 7h15, j'enfile mon jean et mon sweet. La fraîcheur du matin nous stimule. Christophe est déjà levé depuis plus d'une heure et a cherché le pain, sorti sa chienne et pris une douche. J'avale ma dernière tartine confiturée, il est 8 heures. Brides-les-Bains s'éveille.
Astrit, quadragénaire albanais aux allures de serial killer mais finalement souriant et amuseur du haut de son mètre soixante-dix, et moi prenons le salon. Au programme : achever de fixer les plaques de Placo sur les railles (posés, eux, il y a quelques semaines) pour le faux plafond et faire passer les gaines d'électricité à certains endroits de celles-ci. C'est sympa à faire. Faut dire, on a de supers outils, dont une visseuse de ouf, incroyablement pratique.
On passera la matinée à cela, puis on avisera du programme de l'après-midi, avant de faire une pause, cette pause qui me permet d'écrire ce paragraphe.
Une chose me semble importante. À chaque passage d'une pièce à une autre dans ma maison, je ressens une sorte de bien-être. Je descends les escaliers qui mènent vers le salon et je vois déjà des gens autour du feu de bois, coupe de champagne à la main, et je leur dis "hey, salut, comment ça va ?". Vous voyez la scène ? Sûrement, ça fait tellement cliché. Mais bon, je suis heureux, c'est l'essentiel !
Il est 12 :54, nous prenons le soleil sur le balcon de la future chambre de mes parents, avec un bon verre. Un verre d'eau. Mais de l'eau fraîche, et de la source, esvépé.
Cet après-midi
Après un bon couscous aux deux viandes, je me rengage dans le chantier. Astrit et moi finissons le faire passer les gaines dans les tout nouveaux faux plafonds, et on utilise la scie cloche pour trouer les placo, pour y mettre des appliques. J'apprends de plus en plus à connaître l'installation de placo ainsi que les circuits électriques qui composent le salon. J'apprends aussi à connaître mon collègue de chantier, Astrit. Je me plais bien sur le chantier !
Ensuite, et cela nous aura pris tout l'après-midi, nous rejoignons Christophe, notre patron, dans le sous-sol où seront majestueusement placés hamman, balnéo et sale de bain. Ça fait un bien fou après une journée de ride dans les trois vallées ! J'en frissonne déjà, rien que d'y penser…
Dans le sous-sol, donc, même topo : placo à fixer, mais là, l'électricité n'était pas le problème numéro un. Au même titre que précédemment, où l'on devait diriger les gaines électriques au-dessus des faux plafonds et les faire passer par des trous, il s'agissait ici de diriger des conduits d'aération, à partir du caisson de VMC, placé dans les toilettes du sous-sol (et non au grenier, comme généralement). C'est donc une aération indépendante qui protègera le basement de l'humidité.
Eh bien, il est bientôt sept heures ! Et j'ai soif (comprenez : hm, j'ai envie d'un petit Ricard moi…).
Ainsi se termine la journée de boulot.
Maintenant que j'ai un peu de temps et que j'y pense, je décide d'appeler SFR pour finaliser le paramétrage de mon téléphone et de mon ordinateur pour surfer sur le web via ce dernier. Dès lors, un jeune homme fort courtois de m'annoncer que je ne peux actuellement pas naviguer sur le net, à moins d'opter pour une option gratuite (+0.1€/mn de navigation, dit compteur web) ou pour un forfait (autant de mégaoctets de téléchargés que d'euros payés, en gros). Or, je peux actuellement naviguer sur le net. J'ai 3 heures de forfait Wap ! Wap ? Web ? Eh oui, grâce à mon forfait Wap, je peux naviguer sur le Web, sans rien payer de plus. Le charmant conseiller clientèle en était étonné, ce qui, somme toute, se comprend. Alors j'hésite. Parce qu'ah oui, j'ai besoin de souscrire à un forfait pour que le conseiller m'explique et m'accompagne dans la configuration du matos. Sans ça, il n'a pas le droit. Pourtant, j'ai accès à Internet… Alors je décide de ne rien faire, de ne pas payer davantage et d'écrire sur mon ordinateur, de transférer sur mon téléphone puis d'uploader sur mon blog. Pas pratique mais bon marché, technique donc agréable à faire. Je suis content.
L'heure de la douche. Il ne reste qu'une sale de bain, toutes les autres ont été détruites pour être mieux reconstruites par nos soins. Alors on alterne. Quoi qu'on pourrait la prendre en même temps, ça ferait des économies de… Ça va pas non ?
Je ne sais pas ce que l'on va manger. Mon estomac vacille entre une blanquette de dinde, des raviolis, des pattes à la provençale, napolitaine, un couscous peut-être ? Ah non, c'était pour ce midi.
Un petit coca déjà et des crackers, ça c'est une valeur sûre 