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4 ansil y a

Notre regard est figé
par Sunshine, 9 réactions

Bonsoir, nous sommes aujourd’hui le mardi onze septembre 2007, soit exactement six ans après les attentats qui frappèrent la ville de New York et à l’issu desquels plus de trois milles vies furent ôtées.

Je me souviens parfaitement des circonstances de ces événements pour moi. Je rentrais de l’école, maman était venue me chercher comme elle le faisait si souvent. Elle était en larme. Ses mots ne furent pas équivoques : l’amérique est détruite. Immédiatement, je ne compris pas. Très vite elle m’expliqua que deux boings s’étaient encastrés dans les tours jumelles du World Trade Center quelques minutes plus tôt. Alors je n’osais imaginé ce que j’allais voir à la télévision… Des images d’horreur, l’horreur venue des plus profondes convictions de fanatiques religieux. Cette horreur qui tue, ce fanatisme qui annihile. Au-delà de l’électrochoc causé par la vision répétée des boules de feus qui frappaient Manhattan, je pensais aux personnes qui étaient dans les tours. Chacune a été assassinée. Certaines, aux étages contigus au choc des avions, n’ont pas eu le temps de souffrir. Elles sont mortes sur le coup, sans nul doute. D’autres personnes étaient alors prisonnières, devant nous, devant le monde entier, figé devant son poste. Les caméras du monde entier étaient alors rassemblées, pour immortaliser ce qui a été le plus gros assassinat perpétré en direct, live. Et personne n’a rien pu faire pour éviter cela. Rien n’a été fait pour empêcher cela d’arriver. C’est arrivé, ce fut affreux, et ce fut alors la guerre ouverte qui débuta. Une guerre contre qui ? D’un côté, un pouvoir qui se positionne en victime aux yeux du monde, de l’autre, les agresseurs, ceux qu’il faut éliminer des yeux du monde. Mais dans cette histoire, les rôles n’ont pas été aussi simplement distribués qu’ils semblent apparaître aujourd’hui. Dans cette histoire, ces victimes ont été agresseurs et leurs agresseurs ont été agressés. Pire, ces victimes ont façonnés leurs propres agresseurs. Peut-être étaient-ils trop forts aux yeux du monde qu’il leur a fallu un ennemi, un contre qui s’opposer, une lutte d’un Bien contre un Mal entièrement fabriqué.

Et si les hommes étaient là uniquement pour s’entretuer ? Pour l’instant, on ne peut pas nier que cette idée n’a jamais germé dans nos têtes. On a pu voir à d’innombrables reprises que cette hypothèse est censée, mieux, qu’elle peut être vérifiée.

Pourtant, je suis là, chez moi, devant mon ordinateur à écrire ces mots. Alors même qu’à l’autre bout du monde, certains arrachent la vie à d’autres, dans la plus parfaite impunité. Ils tuent sans scrupule. Quand bien même ils auraient des scrupules, leur acte même de tuer annulerait tout de leur humanité. On tue et je suis étranger de cela, moi ainsi que mon entourage, proche ou très éloigné. La bulle dans laquelle nous vivons nous place à l’opposé de l’horreur qui fait le quotidien de millions de gens. Mais ces personnes ont vu le jour pour la première fois avec toute l’innocence qui caractérise le nouveau né. Elles n’ont rien demandé, à personne, et pourtant, elles meurent. Et si chacun se bougeait pour son homologue de l’autre bout du monde qui n’a pas sa chance ? Vivrait-on mieux ? Je m’attache à y croire. En tout cas, j’essaierai d’appliquer cela. C’est peut-être con à dire mais c’est aussi pour ça que j’ai choisis de devenir médecin.

Putain quelle sinistre monde inique où nos yeux restent trop longtemps fermés.

5 ansil y a

I but you
par Sunshine, 4 réactions

I, yo, ik, io, ich, wo, eu, я... Je. Ce pronom qui me caractérise lorsque je parle. S'il y a bien un truc dans lequel je ne veux pas tomber c'est l'égocentrisme. Et pourtant. Un exemple : quelqu'un souffre pour une raison qui lui est propre. Un ami, moi, n'a qu'un but dans ces conditions : donner du réconfort, aider tant que possible, écouter, s'ouvrir pour mieux refermer les blessures.

Et pourtant.

Est-il normal de dire à cette personne qu'elle me manque ? Du fait que celle-ci soit triste, elle n'est pas d'humeur à partager. Dans ces moments c'est à moi d'aller vers elle, non l'inverse. Et moi qu'ai-je trouver à dire ? "Tu me manques"... Sous-entendu, je reproche à la personne de ne plus s'intéresser à rien, à moi. Quelle connerie de phrase égoïste. C'est comme ce texte, il ne sert à rien d'autre qu'à moi, moi qui écrit ici, chez moi. Peut-être qu'il peut servir à quelque chose finalement : te dire que nous pensons à toi. C'est la seule utilité.

System Of A Down - ATWA

5 ansil y a

Pensée ensommeillée
par Sunshine, aucune réaction

C'est insupportable de commencer la semaine à la va-vite et déjà ensommeillé. De toute façon c'est dans la tête que j'ai sommeil là. Je fais des exercices de biophysique et mes yeux me piquent. Pour autant je n'ai pas encore terminé, alors le lit attendra. Deux minutes avant que je ne décide d'écrire ce billet, je voyais sur un forum que certains défendent l'idée que la vie est injuste, prétextant je ne sais quoi. Je me dis que, venant d'étudiants en médecine, qui ne connaissons finalement pas grands choses de la vie, c'est un peu pousser. J'ai ce fâcheux défaut consistant à ne pas créditer les plaintes d'autrui. Est-ce de l'intolérance ? Dès que quelqu'un se plaint dans mon entourage, je ne peux m'empêcher de penser que nous avons de la chance, que nous sommes des privilégiés sur cette planète, sur ce coin du monde. Sur cette planète déjà. Parce que justement, je pense toujours que nous, jeunesse France, ne devrions jamais nous plaindre. Ce sont les gens qui souffrent vraiment à qui l'on doit laisser le peu de silence pour leur permettre de crier leurs maux. J'ai ce fâcheux défaut... Est-ce que je ne reconnais pas le malheur des autres n'ayant pas encore connu, moi-même, de malheurs ? Relativiser. J'ai ce mot qui structure ma pensée. Il faut pouvoir mobiliser son esprit pour des choses positives. Pour autant ne pas fermer les yeux sur le monde, simplement penser qu'on peut rendre ce monde meilleur qu'il n'est, avec ces petits riens de tous les jours.

Pensons-y et dormons.